Fiche métier

Devenir Conseillère en insertion professionnelle

Le 05/05/2017


1/ Bonjour, pourriez vous vous présenter en quelques lignes
Bonjour, Nathalie Martinez, 43 ans, je suis Conseillère en insertion professionnelle au sein de L’ALCG qui est un Atelier et Chantier d’Insertion (ACI) implanté sur le Jura et la Saône et Loire.

2/ Pouvez vous nous en dire un peu plus sur ce chantier d’insertion
Il s’agit d’une Structure d’Insertion par l’Activité Economique (SIAE) qui a pour mission de favoriser l’insertion socioprofessionnelle de personnes éloignées de l’emploi en utilisant comme support, une activité économique reposant sur le Recyclage et le Réemploi.
Elle propose des postes de travail à destination des personnes sans emploi, qui, en raison de difficultés sociales et/ou professionnelles particulières, ne sont pas susceptibles d’être embauchées immédiatement sur le marché du travail classique et leur propose une mise en emploi qui s’effectue dans le cadre d’un contrat de travail (CDDI – contrat à durée déterminée d’insertion), tenant compte de la situation de la personne embauchée.
L’ALCG s’appuie sur une équipe de salariés permanents, chargés de l’encadrement technique et de l’insertion professionnelle des salariés en parcours.
Elle compte aujourd’hui 25 salariés permanents et 97 salariés en insertion. 8 personnes sont bénévoles.

3/ En quoi consiste votre métier de CIP ?
Le poste d’Accompagnateur socioprofessionnel au sein de l’ALCG consiste à accompagner les personnes éloignées de l’emploi, vers une solution sociale et professionnelle durable.
Il s’agit, dans un premier temps, d’aider les personnes en parcours d’insertion, à pallier les freins périphériques de retour à l’emploi (logement, santé, budget, organisation familiale, mobilité, justice, maîtrise de la langue…) avant d’amorcer le travail sur l’élaboration du projet professionnel.

4/ Combien de personnes suivez vous ?
J’ai un portefeuille de suivis de 35 personnes.

5/ Quels sont vos différents interlocuteurs ?
Le réseau « partenaires » est très important à mobiliser pour aider à résoudre les problématiques personnelles/sociales : MDS, CCAS, Pôle Emploi, Mission Locale, UDAF, SPIP, autres SIAE, Conseil départemental du Jura…

6/ Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ce métier ?
Il faut être organisé, patient, à l’écoute (empathique), autonome, dynamique, adaptable et savoir prendre du recul. Il faut également faire preuve de fermeté parfois.

7/ Quels sont les avantages du métier de Conseiller en insertion professionnelle ?
Le contact avec les personnes, le champ d’intervention globalisé en SIAE (social et professionnel), la pluralité des tâches et des publics, le travail en partenariat, l’absence de monotonie.

8/ Et quelles sont les difficultés/inconvénients que l’on peut rencontrer ?
La démobilisation des publics parfois durant le parcours ; le faible nombre de sorties dynamiques (professionnellement peu valorisant) ; la fatigue morale occasionnée par une écoute active des difficultés des personnes accompagnées ; le salaire ; la lourdeur administrative.

9/ Faut il se déplacer ?
Oui : pour les réunions partenaires, formations, visites entreprises, bilans de stages, en cas d’intervention socioprofessionnelle sur plusieurs sites de la SIAE.

10/ Le travail se fait-il sous la responsabilité d’un supérieur hiérarchique ou en autonomie ?
Sous la responsabilité d’un coordinateur d’équipe, du Directeur de la structure. Cependant, le poste demande beaucoup d’autonomie au quotidien (suivi individualisé, administratif…).

11/ Quels sont les types de contrat (CDD, CDI…) ?
CDD puis CDI.

12/ Quelle est la rémunération d’un Conseiller en insertion professionnelle débutant et confirmé ?
Débutant : 1350€ net / mois
Confirmé : 1700€ net / mois

13/ Quelle formation conseillerez-vous ?
Le cursus à envisager peut-être le BTS ESF + diplôme CESF (formation longue), des études de Psychologie, le DE d’Assistante Sociale, mais aussi le Titre Professionnel de CIP.

14/ Faut il de l’expérience pour exercer ce métier si l’on n’a pas de diplôme ?
Il est rare aujourd’hui de pouvoir décrocher un poste de CIP sans diplôme. Les recrutements s’appuyant sur la simple expérience professionnelle existent, mais le candidat doit justifier de plusieurs années d’exercice.
L’avantage du diplôme, même sans expérience, est la récurrence des périodes de stage au sein de différents environnements professionnels (CCAS, SIAE, MDS, CAF…) qui permettent de se faire connaître et d’acquérir des savoir-faire.

15/ Comment êtes vous entrée au sein de cette structure et quel a été votre parcours professionnel ?
Je suis entrée au sein de l’ALCG, suite à une période de stage de 3 semaines durant ma formation de CIP.
Une fois mon Titre Professionnel en poche, la structure m’a approchée, satisfaite de mon travail en tant que stagiaire.
Je suis titulaire d’une Maîtrise de Lettres Modernes et ai surtout travaillé en tant qu’Assistante éducative pendant plusieurs années. Après un déménagement en province, je me suis retrouvée au chômage, ai entrepris un Bilan de Compétences Approfondi avec Pôle Emploi. Cet accompagnement a permis d’identifier la piste professionnelle de CIP. Dès lors, je me suis positionnée sur la formation AFPA de CIP, ai passé les épreuves de sélection (Tests psy, QCM…) et ai été admise en Septembre 2007, à 33 ans.

16/ Quelles sont les possibilités d’évolution de carrière ?
Les évolutions sont rares, ce sont davantage les tâches qui peuvent évoluer (montage de projets, animation de formations…). Si évolution il y a, cela peut être sur un poste de coordinateur d’équipe.

17/ Pensez-vous que le métier de Travailleur social a évolué ces dernières années ?
L’ASP fait partie des Travailleurs sociaux mais avec une spécificité qui est celle de l’accompagnement vers l’emploi.
Le métier de CIP a évolué dans le sens où le nombre de personnes en suivi a augmenté et où aujourd’hui, il faut effectuer de la mise en relation avec les employeurs du secteur classique (placement) et savoir monter des projets pour être innovants (en dépendent certaines subventions et bonifications).
Les tâches administratives se sont également alourdies (demandes de recrutement en CDDI, bilans de parcours pour prescripteurs, bilans annuels pour financeurs, demandes de subventions, conventions de stages, tenue de tableaux divers…).
Enfin, un ASP aujourd’hui peut être amené à animer des formations internes (techniques et recherche d’emploi, remise à niveau Français/FLE, Informatique…).

18) Dernière question, pensez-vous qu’à l’heure actuelle le rôle du Travailleur social est davantage dans la prise en charge des personnes en difficulté ou dans l’accompagnement ?
Le rôle du Travailleur social et particulièrement de l’ASP est d’accompagner les personnes, de les aider, les conseiller, tant sur les problématiques personnelles que sur l’élaboration du projet professionnel ; mais surtout pas de les prendre en charge ou de faire à leur place.
Il peut parfois arriver que l’ASP soit sollicité pour certaines formalités administratives (Déclaration revenus, demande RQTH, dossier de surendettement, démarches CAF/CPAM, inscription Pôle Emploi…), ou démarches de recherche d’emploi…mais la personne doit rester actrice de son parcours et par conséquent, participer pour se l’approprier.
L’objectif est de travailler l’autonomie de la personne et pour ce faire, des moyens sont mis à disposition des salariés en parcours : ateliers et formations internes (nutrition/alimentation, mobilité, langue française, Informatique, techniques et recherche d’emploi...), bilans Santé en lien avec le CARSAT…afin pallier les difficultés rencontrées au quotidien et optimiser le parcours d’insertion sociale et professionnelle.
Comme vous l’aurez compris, l’accès à l’autonomie est un axe de travail prioritaire et en mutation constante, particulièrement à l’ère du numérique avec la dématérialisation des services publics (fracture numérique).
Notons également la problématique de maîtrise de la langue française (illettrisme, FLE), enjeu social majeur, toujours plus présente.

Merci de nous avoir fait partager votre expérience.

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