Fiche métier

Devenir Comportementaliste spécialiste du chat

Le 19/05/2017


1) Bonjour. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour, je m’appelle Marion Ruffié, j’ai 35 ans et j’exerce le métier de comportementaliste félin depuis 3 ans environ. Je suis également blogueuse et auteure, ainsi que comédienne.
A vrai dire, après des études en arts appliqués j’ai passé un BTS stylisme de mode à l’école Duperré, puis j’ai travaillé dans la mode un an. Mais la comédie était inscrite en moi depuis toute petite, et j’ai décidé de suivre ma passion. Je suis donc devenue actrice, et accessoirement vendeuse, standardiste, hôtesse d’accueil, guichetière au théâtre, bref des petits boulots ! Et puis l’appel des animaux s’est fait de plus en plus fort ; je vivais avec mes trois chats et je suis devenue famille d’accueil pour une association de défense des animaux (le CDA Paris 12). Les chats m’apportaient un bonheur infini. J’exerçais finalement mon métier sans le savoir, et puis je lisais beaucoup, je mettais en pratique et je m’en sortais bien avec les chatons que j’accueillais, je résolvais plutôt vite leurs petits « problèmes » de comportement, et j’apprenais sans arrêt avec eux. J’ai donc commencé à écrire un blog (Absolument Chats) pour partager mes expériences et donner mes conseils. C’est suite à une émission américaine et à un souci de santé que j’ai eu le déclic : je devais en faire ma profession ! J’ai donc repris mes études pour devenir comportementaliste félin.

2) En quoi consiste précisément votre métier ?
Je viens en aide aux personnes qui rencontrent des problèmes de comportements avec leur(s) chat(s) une fois que tout problème de santé à été écarté par un vétérinaire. J’aime à dire aussi que je viens en aide au chat, car je permets à son humain de mieux le comprendre ! Les problèmes les plus fréquents sont la malpropreté, l’agressivité, l’agitation nocturne, la mauvaise cohabitation entre plusieurs chats, et j’interviens parfois aussi (et de plus en plus d’ailleurs) en qualité de conseil, lorsque des personnes souhaitent adopter, ou viennent juste d’adopter, et souhaitent des conseils pour partir dès le départ du bon pied :) ou lorsqu’un bébé arrive, pour aider le chat à mieux accepter le petit nouveau à la maison.
Je fais le point complet avec les personnes sur le chat, son caractère, son histoire, les évènements qui ont marqué la vie du chat et des gens, l’agencement de son territoire etc. Puis je donne des solutions afin de remédier au problème, toujours en expliquant pourquoi ! Il est important pour moi d’expliquer pourquoi il faut effectuer un changement d’organisation, plutôt que de juste asséner la solution. Plus on comprend et plus cela devient logique de mettre en place les changements. D’ailleurs dans mon blog je tâche de donner le plus de conseils possibles, pour que les gens puissent s’en sortir facilement et deviennent autonomes. J’aime transmettre et partager.

3) Pourquoi et quand avez-vous choisi ce métier ?
Par passion. Le contact avec les animaux m’a toujours apaisé, j’ai moi-même trois chats à la maison. Le déclic est survenu lorsque je suis devenue famille d’accueil pour une association… Etre auprès des chats, leur venir en aide, est devenu vital. Puis il y a trois ans j’ai eu un souci de santé qui m’a immobilisé ; j’ai senti que c’était dommage de ne pas exploiter ce temps pour en faire quelque chose de constructif et qui m’apporterait en plus de la joie. Je ne me sentais pas les épaules pour devenir vétérinaire, pas seulement à cause des études, mais surtout parce que je ne m’imaginais pas du tout opérer un animal par exemple. Les aiguilles, le sang etc. ce n’est pas du tout pour moi ! Je ne suis pas dans le corps médical, je dirais plutôt que je suis dans le domaine du bien-être. Je voulais apporter mon aide aux chats, et aux humains… J’ai découvert ce métier par une émission américaine et je me suis reconnue aussitôt dedans (finalement je le pratiquais déjà sans le savoir) et j’ai foncé dans la reprise de mes études !

4) Comment êtes-vous devenu comportementaliste pour chat ?
J’ai suivi mes études auprès d’une école spécialisée en comportement animal, Vox Animae. Ensuite je dirais qu’on devient comportementaliste au fil des expériences, des consultations, des lectures aussi ! Tout cela enrichi l’expérience et la compréhension de l’espèce et de chaque chat !

5) Quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?
L’ouverture d’esprit, la générosité, l’empathie, la remise en question, la capacité d’adaptation, la curiosité, la sagesse ! Bien sûr je parle pour moi, d’autres collègues ne diraient peut-être pas cela, je ne sais pas ! C’est un métier où le contact premier se fait avec l’humain, il faut donc aimer les Hommes. Finalement c’est en aidant l’humain que l’on aide le chat. Les chats, comme les humains, sont des êtres uniques ; bien qu’il y ait des généralités il faut s’adapter à chaque chat, chaque histoire, chaque territoire…
Et puis je pourrais ajouter le self control, car il arrive de tomber sur des personnes peu ouvertes d’esprit, parfois on sait d’emblée que le travail ne portera pas ses fruits… il faut lâcher prise, c’est ce que j’apprends encore et encore, car chaque cas me touche beaucoup. Il faut savoir se protéger. Ceci étant, dans 90% des cas, j’ai la chance de travailler auprès de personnes qui aiment leur animal, sans quoi ils ne m’appelleraient pas ! C’est une vraie chance.

6) Quelles sont les difficultés du métier ?
Ce lâcher prise je dirais… Après, plus concrètement, c’est un métier où on se déplace beaucoup, et le temps passé dans les déplacements est parfois fatiguant. Les consultations peuvent durer jusqu’à deux heures, parfois trois. C’est un métier qui prend beaucoup d’énergie !

7) Y a-t-il des spécialités dans votre métier ?
Il est possible d’avoir des spécialités en effet. Par exemple de mon côté, vu que je travaille sur Paris, je suis plus spécialisée dans les chats d’intérieur. J’aime aussi travailler avec les Fleurs de Bach, et la communication animale.

8) Quel est le salaire brut mensuel en début et fin de carrière ?
C’est très aléatoire… Tout dépend de l’activité que l’on a. C’est une profession libérale, c’est à nous de gérer. Et puis le lieu géographique va aussi un peu décider pour nous ; sur Paris il y a beaucoup de travail, comme dans les grandes agglomérations.

9) Quels horaires faites-vous ? Comment s'organise votre semaine ?
C’est très variable. Je m’adapte au mieux aux disponibilités des personnes. J’ai très régulièrement des consultations le soir par exemple, ou le samedi. Du coup c’est à moi de décider quel soir je m’octroie du repos, comme pour les samedis.
Parfois je fais une seule consultation dans la journée, et parfois trois, ce qui équivaut à 8h-10h, sans compter le temps que je passe ensuite à la maison pour rédiger mon compte-rendu personnel afin d’assurer un bon suivi. Et puis lorsque je ne suis pas à l’extérieur en consultation à domicile je suis en consultation téléphonique ou vidéo conférence, je fais les suivis des consultations précédentes, je réponds aux mails, aux commentaires du blog, et je travaille aussi à l’écriture d’articles pour mon blog et à l’écriture de plusieurs livres. Autant dire que je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

10) Ce métier permet-il un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée ?
Plutôt car je gère mon temps comme je le souhaite. Bien sûr il faut garder à l’esprit que lorsqu’on ne travaille pas, on ne gagne pas d’argent non plus. Mais ma priorité est d’avoir du plaisir dans ce que je fais. Après il est aussi très facile de se laisser déborder, il faut prendre le temps de se poser, sinon on peut vivre-chat à 100% ! C’est le truc du métier passion :)

11) Votre métier est-il un métier d'avenir ? Pensez-vous qu'il recrutera beaucoup dans les prochaines années ?
C’est un métier qui était assez méconnu jusqu’à aujourd’hui ; les gens le découvrent de plus en plus et surtout le prennent au sérieux ! Eh oui jusque-là c’était considéré comme une sorte de « psy pour chat » réservé aux hurluberlus. Mais les gens comprennent aujourd’hui l’intérêt et les bénéfices d’une consultation, le bien-être qui en découle, et que ce n’est pas une lubie ! Je reçois personnellement de plus en plus de demandes de personnes qui souhaitent se reconvertir professionnellement, pour vivre au plus près de leur passion. Et puis n’oublions pas que le chat est devenu l’animal de compagnie préféré des français.

12) Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour s’orienter ?
Soyez passionnés, créatifs, avancez vers vos passions, Entreprenez ! Il faut aussi garder en tête que ce n’est jamais trop tard pour changer de voie, et que l’on peut avoir plusieurs « vies » en une ! Il ne faut pas avoir peur, ni se laisser descendre par les personnes qui tenteront de vous dissuader (même si elles le font par amour, pensant vous éviter des déceptions)… Croyez en vous !

13) Merci beaucoup pour votre témoignage. Je vous laisse le mot de la fin.
Nous sommes dans une société qui nous apprend plutôt à nous méfier de l’échec que de tenter la réussite… Nous avons peur de l’échec et peur d’entreprendre du coup. Hors il faut voir les « échecs » comme des expériences qui permettent de grandir, d’évoluer, de s’améliorer. J’aime beaucoup cette phrase de Idriss Aberkane, qui dit que « l’échec est un diplôme » ! Alors : Osez, et croyez en vous !!

Plus d'informations sur le métier de comportamentaliste du chat :
www.absolumentchats.com
www.comportementaliste-specialiste-chat.com
Marion Ruffié est également auteure de « Mon Chat & Moi », aux éditions Solar

Merci de nous avoir fait partager votre expérience.

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