Fiche métier

Devenir Médecin gériatre

Le 01/06/2017


1) Bonjour Virginie, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Bonjour. J’ai 55 ans, je suis médecin hospitalier, gériatre, travaillant dans ce domaine depuis environ 25 ans.
J’ai toujours travaillé à l’hôpital mais j’ai quelques expériences en maison de retraite (comme médecin traitant des résidents) et en centre de prévention de santé.

2) Pourriez-vous décrire votre métier de gériatre à l’hôpital ?
C’est un métier très complet et clinique dédié aux personnes âgées malades de plus de 75 ans.
Être gériatre consiste à s’occuper du patient de son arrivée à son départ de l’hôpital : examen clinique, traitement, prescription des examens, radios/médicaments, lien avec les personnes qui prennent en charge le patient à sa sortie tel que le médecin généraliste, infirmières…

3) Pourquoi avoir choisi de travailler dans le milieu hospitalier en particulier ?
Tout d’abord, la gériatrie n’est pas un métier qui peut facilement être exercé en libéral : on ne peut pas faire déplacer les personnes âgées aisément et elles ont souvent plusieurs maladies qui doivent être traitées en parallèle, ce qui est facilité à l’hôpital par une grande complémentarité des métiers (rééducateurs, soignants, spécialistes médicaux…).
La gériatrie peut aussi être pratiquée en maison de retraite en tant que médecin coordonnateur, mais ce n’est pas l’option que j’ai choisie. Le médecin coordonnateur a un rôle de « management » des équipes soignantes, de formation, de « recrutement » des résidents.... Il est en relation avec les médecins traitants des résidents mais n’intervient pas directement auprès des résidents.
Enfin, j’ai eu une expérience dans une clinique privée. J’y ai ressenti une plus forte pression administrative et financière, et le sentiment de prendre en charge des patients moins « difficiles » médicalement parlant.

4) Quels sont les aspects positifs du métier de gériatre à l’hôpital ?
La gériatrie est un métier intellectuellement et humainement très intéressant : on cherche et traite plusieurs problèmes en parallèle : problèmes somatiques, psychiatriques et sociaux. Il n’y a pas de routine dans ce métier où l’on peut aussi changer de secteur (soins de suite, gériatrie aiguë, soins de longue durée…) et découvrir d’autres types de prise en charge de patients.
De plus, tout particulièrement en milieu hospitalier, on ne travaille pas seul mais en équipe avec d’autres médecins gériatres ou d’autres spécialités avec qui on échange sur les situations complexes, avec des infirmières, aide-soignants, kinés, diététiciennes, ergothérapeutes, orthophonistes, assistantes sociales… Cela crée une vraie émulsion autour du patient qui est passionnante.
C’est également un métier très humain, avec – pour ma part – 2/3 de son temps environ passé à « faire de la clinique ».
Enfin, le statut est évolutif. En commençant à travailler en tant que praticien attaché (et non hospitalier), j’avais moins de responsabilités et un temps de travail plus court, ce qui m’a permis de conduire ma vie de famille tout à fait « normalement », Puis, une fois mes enfants plus grands, je suis devenue praticien hospitalier (après un concours) avec davantage de responsabilités.

5) Quels sont les aspects les plus difficiles du métier de médecin gériatre à l’hôpital ?
La condition des hôpitaux publiques ne va pas forcément de mieux en mieux : il y a moins d’effectifs médicaux et on nous demande toujours plus. A la fin de la journée, il en reste toujours à faire, ce qui peut parfois être insatisfaisant.

6) Combien de personnes gérez-vous et quelles sont les différentes interactions que vous avez lors d’une journée type ?
Ayant travaillé longtemps dans le domaine de la gériatrie, et ayant la confiance de ma chef de service, j’ai quasiment carte blanche sur le secteur du service dans lequel je travaille auprès de l’équipe et des patients. Ainsi, sans être leur supérieure hiérarchique et tout en tenant informée ma chef de service, j’ai le sentiment de conduire l’équipe avec la cadre de santé (autrefois appelée « surveillante »). J’ai aussi un rôle de formatrice. C’est une gestion au quotidien de 16 lits de patients et d’une dizaine de personnes (infirmières, aide soignantes, ergothérapeute, diététicienne…). Je n’ai pas de responsabilité administrative directe. Je n’ai pas de compte à rendre au chef de pôle, au directeur de l’hôpital… c’est le rôle du chef de service.
J’ai beaucoup d’échanges avec d’autres médecins (du même hôpital ou non), qui ont des compétences particulières telles que cardiologue, psychiatre, orthopédiste, spécialiste de la douleur, des soins palliatifs…
Je rencontre très souvent les familles des patients : en moyenne 1 à 2 famille(s) de patients par jour pour les tenir informés de l’état de santé de leur proche, préparer leur sortie de l’hôpital…

7) Quelles sont les qualités requises pour exercer votre profession ?
C’est une question à laquelle il est difficile de répondre car il y a beaucoup de façons différentes de l’exercer. Un conseil ne peut pas être applicable à tous.
Cependant, je dirais que pour être médecin, il faut être altruiste, vouloir aider les gens malades, être disponible, à l’écoute des autres, avoir des capacités de travail importantes et durables (au vu des efforts sur le long-terme demandés par les études). Au cours des études, les stages et les personnes rencontrées nous aident à mieux cerner petit à petit le mode d’exercice et la spécialité qui nous conviennent le mieux.

8) Quel est le salaire de début et de fin de carrière d'un médecin gériatre ?
Je n’ai aucune idée des salaires de début de carrière actuels, mais les grilles de salaire des médecins à l’hôpital publique sont régies par le Ministère de la Santé et sont publiées au Journal officiel.  En fin de carrière, il est de 6000-7000 euros par mois.
Les médecins sont, en général, mieux payés dans le privé que dans le publique, avec une négociation de salaire possible. 

9) Quelles sont les évolutions que vous avez connues de votre métier tout au long de votre carrière ?
Le métier de médecin en hôpital a beaucoup évolué suite à l’arrivée du numérique, qui a facilité la gestion des patients avec des dossiers de patients électroniques, a facilité la formation, l’accès à la connaissance et aux données actuelles en médecine.
Comme dit précédemment, les difficultés financières des hôpitaux s’accroit au fil des années avec des moyens toujours amoindris et la gériatrie qui n’est pas la spécialité la mieux servie.

10) Merci beaucoup pour ce témoignage. Je vous laisse conclure. 
Si c’était à refaire, je le referais le même parcours. Je trouve que la gériatrie est un domaine qui me correspond parfaitement (les personnes âgées ont des problèmes médicaux multiples et très variés à traiter simultanément, elles ont une histoire de vie longue et beaucoup à partager). C’est une médecine globale avec un accès facilité à de nombreux domaines, spécialités …

Merci de nous avoir fait partager votre expérience.

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